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La vitrine obscurcie

Photo du rédacteur: Eric Poulhe
Eric Poulhe
il y a 10 heures
1 min de lecture

France, Paris, République


Place de la République, veille d’une manifestation massive, un homme cloue des planches sur une vitrine. Le geste est simple, précis, presque banal, ce qui est peut-être le plus troublant. La place bien-nommée porte encore les stigmates du 17 octobre 2026. La jeunesse, des lycéens pacifiques, se donnait alors rendez-vous dans la rue pour exprimer des demandes légitimes et leurs craintes de l'avenir. Le dérapage est venu avant même le départ du cortège. Des groupuscules, caractérisés d'ultra-gauche par les autorités, organisés en black blocs, ont affronté une police en sous-effectifs, dépassée, qui n'avait pas anticipé l'ampleur du rassemblement. Puis sont arrivés les casseurs, venus majoritairement de banlieue. La manifestation est devenue pillage. Les boutiques sont tombées une à une, plus de 400, ouvertes à tous vents, et les laissés-pour-compte s'y sont servis par opportunité. Environ 1200 interpellations cumulées le week-end, 2400 en France, des chiffres à donner le tournis. Des blessés dans les deux camps. Le 24 octobre, une nouvelle manifestation, à laquelle se sont joints la CGT et certains partis politiques, s'est déroulée presque paisiblement. À la dispersion, à Nation, les violences, auxquelles on s’habitue, sont revenues. Ce qui relevait de l'exception, de l'inadmissible, devient peu à peu la mesure des jours ordinaires de manifestation. Le soulagement remplace l'indignation. L'histoire n'est pas finie. Elle dénote un profond malaise sociétal.


# octobre 2026

 
 
 

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