FESTIVAL LES FEMMES S’EXPOSENT
CÔTÉ PLAGE

CHIARA NEGRELLO > AU-DESSUS DES CHAMPS (VIETNAM)
Dans le delta du Mékong, au Vietnam, les rizières sont parfois désertes : plus de paysans au chapeau conique, le dos courbé par un travail épuisant. Cette image est bouleversée par les progrès des nouvelles technologies. Désormais, des drones, équipés d’intelligence artificielle, y travaillent. Ils sèment, pulvérisent des pesticides, épandent des engrais. Il faut s’en servir dans des conditions maîtrisées afin d’éviter les dispersions dans les écosystèmes environnants, mais ils permettent d’utiliser moins d’additifs qu’avec une application manuelle et réduisent d’au moins 50 % les besoins en main-d’œuvre. Les jeunes locaux ont changé de métier, découvrant celui de pilote de drone. Ces machines portent la promesse d’une agriculture plus productive et durable, attentive à la préservation des ressources, face à une demande alimentaire croissante et aux pressions climatiques. Nouveau mirage technologique ou réelle solution pérenne ?
Sélection

Au-dessus des champs Un agriculteur observe un drone. Si certains riziculteurs privilégient une approche technologique de leur travail, d’autres restent fidèles aux méthodes agricoles ancestrales. Il est courant que coexistent dans les champs voisins les deux démarches. L’utilisation des drones convainc de plus en plus Mais risque d’effacer les traditions si développement et patrimoine ne parviennent pas à évoluer conjointement. # Tram Chim, province de Dong Thap, Vietnam, 2024

Au-dessus des champs Van Hoang, 28 ans, pose dans un cham avec son drone agricole. Depuis 2021, il utilise cette technologie pour ses trente hectares : elle lui permet d’effectuer en quatre heures ce travail d’épandage qui lui prenait cinq jours auparavant. Grâce à une dispersion uniforme des produits chimiques, il a réduit de 30% leur usage. Il propose ses services de pulvérisation aux fermes voisines pour augmenter ses revenus. # Vietnam, 2024

Au-dessus des champs Avant toute culture, les rizières doivent être inondées, puis le labour et le hersage sont réalisés pour ameublir la terre et assurer une bonne aération pour les plantations. Ici, cela se fait manuellement, avec une machine ancienne – et non un tracteur. La mécanisation croissante dans la culture du riz ne remplace que très progressivement les méthodes traditionnelles demandant pourtant de rudes efforts. # Province de Dong Thap, Vietnam, 2024

Au-dessus des champs Un agriculteur observe un drone. Si certains riziculteurs privilégient une approche technologique de leur travail, d’autres restent fidèles aux méthodes agricoles ancestrales. Il est courant que coexistent dans les champs voisins les deux démarches. L’utilisation des drones convainc de plus en plus Mais risque d’effacer les traditions si développement et patrimoine ne parviennent pas à évoluer conjointement. # Tram Chim, province de Dong Thap, Vietnam, 2024
Commentaire ♥♥♥♥♥
VÉRONIQUE DE VIGUERIE > LE MIRAGE VERT (ÉMIRATS ARABES UNIS)
Ce reportage photographique explore les contradictions des Émirats arabes unis, où coexistent ambitions écologiques futuristes et dépendance massive aux énergies fossiles. Entre documentaire et satire visuelle, il met en lumière le décalage entre le discours « vert » et la réalité – air conditionné omniprésent, pistes de ski en intérieur, plages climatisées, désalinisation très énergivore de l’eau… La lutte contre le dérèglement climatique se transforme souvent en spectacle : villes vitrines « zéro carbone », tourisme étiqueté « durable » mais ultraconsommateur, nature artificialisée ou verdoyante à grand renfort d’eau et de technologie. En parallèle, il révèle certaines formes discrètes de résilience : des pratiques bédouines fondées sur la sobriété, l’adaptation aux cycles naturels, la création de microclimats dans les oasis. « Mirage vert » nous incite à réfléchir sur nos propres mirages écologiques…
Sélection

Le mirage vert À l’origine, les Émiratis étaient des bédouins - des nomades parcourant le désert. Aujourd’hui, des files de 4x4 suréquipés remplacent les caravanes de dromadaires, et les dunes deviennent le théâtre de rassemblements festifs avec feux de camp et repas partagés. Le désert est désormais domestiqué, scénarisé et consommé, tout en restant au cœur de l’identité culturelle des habitants. # Dunes de Liwa, Émirat d’Abu Dhabi, Émirats arabes unis, janvier 2026

Le mirage vert La salle d’attente d’une clinique pour faucons. La fauconnerie, héritage vivant d’une tradition ancestrale synonyme de noblesse, constitue toujours un marqueur social. Sur les murs, trônent les portraits de la famille royale Al Nahyane. Les Émirats affichent une forte loyauté envers leurs dirigeants dont le pouvoir se transmet de père en fils, dans un cadre où toute critique demeure proscrite. # Émirat d’Abu Dhabi, Émirats arabes unis, janvier 2026

Le mirage vert D’avril à septembre, les journées sont étouffantes, les températures grimpant jusqu’à 50°C. les activités en extérieur ne peuvent se faire qu’après le coucher du soleil. Des maîtres-nageurs surveillent les plages vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l’eau est éclairée pour que chacun puisse profiter de la mer en toute sécurité, des filets avec des capteurs anti-requins sont en place. # Émirat de Dubaï, Émirats arabes unis, avril 2026

Le mirage vert À l’origine, les Émiratis étaient des bédouins - des nomades parcourant le désert. Aujourd’hui, des files de 4x4 suréquipés remplacent les caravanes de dromadaires, et les dunes deviennent le théâtre de rassemblements festifs avec feux de camp et repas partagés. Le désert est désormais domestiqué, scénarisé et consommé, tout en restant au cœur de l’identité culturelle des habitants. # Dunes de Liwa, Émirat d’Abu Dhabi, Émirats arabes unis, janvier 2026
Commentaire ♥♥♥♥♥
ANNE-LOU BUZOT > LA THÉORIE DE L’HORIZON INCLINÉ
La photographie naît au XIXe siècle, et très vite, elle impressionne par sa capacité à reproduire fidèlement la réalité, si bien qu’on lui prête volontiers une valeur de preuve. Or sur les photographies de bord de mer, l’horizon apparaît incliné... Dès lors, une question émerge dans les cercles d’érudits : l’horizon le serait-il réellement ? C’est le point de départ d’une histoire incongrue dont seule la photographie a le secret. Une histoire qu’Anne-Lou Buzot parvient à reconstituer peu à peu, grâce à la découverte de fragments d’archives inédites. Plusieurs « sociétés de l’horizon incliné » se sont succédé au fil des décennies, et comptaient visiblement parmi leurs membres quelques Houlgatais·e·s qui, de génération en génération, ont étudié et documenté l’inclinaison de l’horizon. C’est donc sur leurs traces que la photographe a mené l’enquête durant sa résidence à Houlgate.
Sélection

La théorie de l’horizon incliné Formés à la photographie par Alfred Coulon, Albertine et Alphonse Auvray étaient photographes au casino de Beuzeval (Houlgate) de 1877 à 1903. À partir de 1882, ils rassemblent des preuves photographiques de l’inclinaison de l’horizon pour la Société de l’Horizon incliné… tout en rappelant l’univers du jeu, avec le détournement de cartons de loto sur lesquels ils collent leurs aristotypes à la gélatine. # Houlgate, France, 2026

La théorie de l’horizon incliné Archives confiées par Élisabeth Langlois à Caen, en janvier 2026. Sa famille, de génération en génération, a documenté l’inclinaison de l’horizon à Houlgate. Ses arrière-grands-parents, Albertine et Alphonse Auvray, ont été membres de la Société de l’Horizon dès 1882. Puis, lorsque la Nouvelle Société de l’Horizon incliné voit le jour en 1947, Élisabethet sa mère Louise Langlois (née Auvray), y adhèrent. # Houlgate, France, 2026

La théorie de l’horizon incliné Élisabeth Langlois a également fait partie de la Nouvelle Société de l’Horizon incliné. La plupart de ses contributions se concentrent sur les oiseaux : « Je me demandais s’ils percevaient l’inclinaison de l’horizon, s’ils étaient affectés par ses variations. Aujourd’hui, j’ai 86 ans, et c’est une énigme que j’emporterai sans doute avec moi dans l’au-delà... En attendant, j’observe encore et toujours l’horizon et les oiseaux. » # Houlgate, France, 2026

La théorie de l’horizon incliné Formés à la photographie par Alfred Coulon, Albertine et Alphonse Auvray étaient photographes au casino de Beuzeval (Houlgate) de 1877 à 1903. À partir de 1882, ils rassemblent des preuves photographiques de l’inclinaison de l’horizon pour la Société de l’Horizon incliné… tout en rappelant l’univers du jeu, avec le détournement de cartons de loto sur lesquels ils collent leurs aristotypes à la gélatine. # Houlgate, France, 2026
Commentaire ♥♥♥♥♥
DANIELA SALA > LE COÛT CACHÉ DE LA DOUCEUR (MONGOLIE)
On associe le cachemire à la douceur et à l’élégance intemporelle. Mais, aujourd’hui, sa relative démocratisation a entraîné une production massive qui a déclenché une catastrophe écologique et sociétale en Mongolie. Plus de 40 % de la fibre brute provient de ses steppes. Autrefois rare et saisonnier, lié au commerce local, le cachemire est devenu une matière première de grande consommation exportée vers le marché mondial. Les prix imposés par des acheteurs lointains rendent les familles d’éleveurs dépendantes d’un revenu unique et instable. Elles accroissent leurs troupeaux qui dégradent 76 % des pâturages du pays et accélèrent sa désertification – le nombre de chèvres est passé de 7 à 22 millions en trente ans. Derrière les affirmations de cachemire durable, le luxe repose sur l’érosion des écosystèmes, des traditions et des liens familiaux.
Sélection

Cashmere, The Hidden Cost of Softness [Cachemire, le coût caché de la douceur] # Mongolie, 2023

Cashmere, The Hidden Cost of Softness [Cachemire, le coût caché de la douceur] # Mongolie, 2023

Cashmere, The Hidden Cost of Softness [Cachemire, le coût caché de la douceur] # Mongolie, 2023

Cashmere, The Hidden Cost of Softness [Cachemire, le coût caché de la douceur] # Mongolie, 2023
Commentaire ♥♥♥♥♥
FLORE PRÉBAY > ONIRIQUE
La série « Onirique » explore un espace liminaire entre photographie et peinture, une balade poétique entre sensation, flottement et vision personnelle. Flore Prébay capture chaque scène en pose longue, met en scène des silhouettes mouvantes et des corps suggérés, et offre une perception onirique du réel. Chaque image est imprimée puis retravaillée à l’aquarelle, les fonds peints à la main, avant une ultime intervention numérique. Ce travail expérimental, mêlant strates, couleurs et gestes, est un laboratoire où l’artiste explore et invente. De cette série est née sa démarche actuelle, combinant approche plasticienne et sensibilité documentaire, attentive à la fragilité du visible et à la portée émotionnelle des récits d’où émane une certaine mélancolie.
Sélection

Onirique # années 2020

Onirique # années 2020

Onirique # années 2020

Onirique # années 2020
Commentaire ♥♥♥♥♥

