JEAN GAUMY
> LES HOMMES DE MER
« Né en 1948 près de Royan, Jean Gaumy a grandi au rythme de l’Atlantique, développant une fascination pour l’eau qui ne l’a jamais quitté. Sa carrière, jalonnée de rencontres et d’expéditions, l’a conduit à explorer les rivages du monde entier, des falaises de Normandie aux pôles, ainsi que les relations tissées entre l’homme et la mer, s’immergeant dans des univers marins extrêmement divers.
Bon connaisseur du monde maritime, Jean Gaumy ne surplombe pas ses sujets. Il s’y engage, les côtoyant avec respect et empathie. Ses photographies racontent des histoires, celles des communautés de pêcheurs, de femmes et d’hommes unis par un même destin face aux forces de la nature, vivant en symbiose avec leur environnement. Il nous immerge dans un univers où le labeur se mêle à la beauté brute des paysages. Ses reportages, qu’ils soient réalisés à bord d’un chalutier ou au cœur d’une conserverie, révèlent une humanité vibrante, une solidarité palpable entre ceux qui vivent de la mer. Chaque image est une invitation à contempler la mer sous un jour nouveau, à ressentir la texture du sel sur la peau, à entendre le claquement sourd du bruit des vagues et à partager l’intimité des gestes ancestraux.
Mais, malgré l’apparente réalité des scènes photographiées, il y a peut-être quelque chose d’irréel dans l’œuvre de Jean Gaumy. Au fond, la mer que nous offre l’artiste n’est pas tout à fait celle que nous croyons connaître. Comme si la déferlante qui attire notre regard sur un cliché n’existait pas vraiment. Cette étrange vague pétrifiée, cadrée, noire et brillante semble si mystérieuse qu’elle finit par nous apparaître comme une illusion. C’est précisément à cet instant de la contemplation que Jean Gaumy devient créateur, qu’il invente un monde qui n’existe que par son œuvre et qui nous émeut de cette matière si singulière.
Plus encore, la technique photographique de Jean Gaumy va jusqu’à nous perdre, faisant oublier le média pour nous faire croire à des eaux-fortes, sombres et contrastées, comme chez Jacques Callot, Gustave Doré ou Léon Spilliaert. » Thierry Gausseron, directeur du Musée national de la Marine
Sélection

Pêche Almadraba # Zahara de los Atunes, Espagne, 1982

Pêche Almadraba # Barbate de Franco, Espagne, 1982

À bord du chalutier espagnol Rowanlea de La Corogne # Aux limites de l’Atlantique Nord-Ouest, hiver 1998

Pêche Almadraba # Zahara de los Atunes, Espagne, 1982
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