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Festival Photo de Moncoutant
MAIRIE

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BENOÎT FERON > LES LACS DE LA VALLÉE DU RIFT

 

La vallée du Rift africain est l’une des plus grandes fractures géologiques du globe : près de 8 000 km du nord de Djibouti jusqu’à la Tanzanie. Une déchirure terrestre où les plaques s’écartent, où les volcans respirent, et où sont nés certains des lacs les plus étonnants de la planète. Pour comprendre cette beauté brute, je l’ai survolée à plusieurs reprises à bord d’un petit Cessna, avec un pilote spécialisé dans ce type de vol. Du delta de l’Omo au lac Turkana, de Central Island au lac Logipi, puis plus au sud vers Bogoria, Baringo, Nakuru, Naivasha, et enfin les extraordinaires Magadi et Natron, chaque étape dévoile une palette nouvelle : verts opaques, rouges ferrugineux, jaunes sulfureux, Lac Logipi (Nord du Kenya) L’eau et les dépôts minéraux se mêlent pour former des paysages mouvants.
Les variations de densité et de salinité donnent naissance à des contrastes subtils, visibles uniquement depuis le ciel. Le vol en groupe des flamants, évitant les îlots, dessinent des formes similaires aux étendues de couleurs. Lac Magadi (Sud du Kenya) L’extraction du trona s’inscrit ici dans un environnement déjà façonné par des processus chimiques intenses, qui donnent des formes géométriques qu’on croirait issues d’un tableau abstrait. Flamants roses décollant du lac Logipi (nord du Kenya) dessinant des traînées argentées et révélant des motifs ondulants, sculptés par le vent et les flux minéraux, roses de flamants, noirs volcaniques, blancs de sel. Vue d’en haut, la nature se fait abstraction.
Les lacs deviennent des toiles : craquelures, marbrures, lignes de fuite, motifs organiques sculptés par le vent, les bactéries, les minéraux ou la chaleur. Les oiseaux eux-mêmes, en s’envolant, tracent des calligraphies éphémères sur l’eau. Cette exposition présente ces paysages comme je les ai découverts : non pas comme des lieux simplement spectaculaires, mais comme de véritables œuvres d’art naturelles. Ici, la Terre ne se contente pas d’exister : elle compose.
La vallée du Rift est le berceau de l’humanité. Elle est aussi, peut-être, l’un de ses premiers ateliers
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Sélection

 

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CLAIRE MORMINA > VILLE D’OMBRE, VILLE DE LUMIÈRE

 

La photographie de rue en noir et blanc révèle la ville dans sa forme la plus essentielle. Sans la distraction de la couleur, il ne reste que la lumière, les ombres et les lignes qui structurent l’espace. Chaque rue devient un terrain de contrastes, un lieu où la géométrie et le hasard se rencontrent.
L’humain y trouve sa place. Il traverse le cadre, parfois conscient, souvent indifférent, laissant derrière lui une trace éphémère. Ses gestes simples — marcher, attendre, regarder — deviennent signes, fragments d’une histoire silencieuse. La lumière sculpte les corps, souligne les perspectives, crée des zones d’éclat et de mystère. Les ombres, elles, relient les éléments entre eux, unissent les formes, suggèrent plus qu’elles ne montrent.
C’est dans cet équilibre fragile que naît la photographie : au moment précis où la ville, la lumière et le regard du photographe se rejoignent. Ces images ne cherchent pas à raconter une histoire complète, mais à capter des instants suspendus. Elles montrent ce qui échappe au mouvement continu de la ville — une respiration, un alignement, une coïncidence. Le noir et blanc devient alors un langage : simple, direct, intemporel.

 

Sélection

 

Commentaire ♥♥♥♥

© 2017 Eric Poulhe Photographie

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