NATALYA SAPRUNOVA > PEUPLE BORÉAL
Depuis des milliers d’années, bien avant l’introduction des frontières modernes, les peuples nomades de l’Arctique ont développé une histoire et une culture riches en raison de leur capacité d’adaptation à cet environnement hostile en tirant avantages des ressources naturelles de cette région géographique. La colonisation des terres traditionnelles de nombreux peuples autochtones par l’exploitation industrielle, les tentatives d’assimilation culturelle, la désarticulation de leurs moyens de subsistance et de leur organisation sociale ont laissé des traves dans plusieurs dimensions de leur vie.
Le colonialisme a conduit au traumatisme intergénérationnel, à la discrimination systémique et à la marginalisation socio-économique qui, ensemble, continuent d’avoir des répercussions profondément négatives aujourd’hui, sur le quotidien de nombreux peuples autochtones.
Tandis que le nomadisme a disparue, les peuples de l’Arctique continuent à dépendre de l’environnement pour préserver leurs pratiques ancestrales de chasse et d’artisanat. Fiers de leur culture, les autochtones luttent pour préserver leurs coutumes tout en s’adaptant à la modernité et au réchauffement climatique. Ils sont de plus n plus nombreux à se faire représenter par diverses organisations auprès des organes politiques nationales et internationales, afin de résister aux diverses pressions.
Sélection

Evenks, les gardiens des richesse yakoutes Les quatre saisons de l’année # Khatystyr, Yakoutie, Sibérie Orientale, Russie, 2022

Saamis, nous vivions dans la toundra Fête nationale d’été saami # Lovozero, région de Mourmansk, péninsule de Kola, Russie, 2019-2021

Saamis, nous vivions dans la toundra Grotte dans le permafrost # Tomtor, district d’Oïmiakon, Yakoutie, Sibérie Orientale, Russie, 2022

Evenks, les gardiens des richesse yakoutes Les quatre saisons de l’année # Khatystyr, Yakoutie, Sibérie Orientale, Russie, 2022
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OLIVIER LABAN-MATTEI > NEIGE NOIRE
À la fois sentinelles et premières victimes du changement climatique, les Groenlandais vivent de plein fouet l’imprévisibilité d’une nature qui modifie en profondeur leur société et leur rapport au monde.
Vivant depuis des siècles dans l’effort permanent pour s’armer contre la rigueur du présent, les Inuits doivent désormais se tourner vers des lendemains incertains. Par sa position cardinale en Arctique et l’abondance de ses ressources minérales, le Groenland s’impose aujourd’hui comme un espace géostratégique majeur, chaque année plus accessible et convoité. Sous pression étrangère constante (à l’image de la menace d’invasion américaine de janvier 2026), les Groenlandais se cherchent un avenir propre sur une terre encore meurtrie par une colonisation danoise qui ne dit plus son nom, où les fractures sociales demeurent profondes.
Si l’indépendance ne tient, formellement, qu’à un référendum, comment s’émanciper de la tutelle financière danoise tout en évitant de se livrer aux promesses d’une autre puissance ? L’urbanisation galopante des trois pôles économiques du pays (Nuuk, Quaqortoq et Ilulissat) au détriment des petites villes et des villages côtiers, laisse entrevoir un modèle de développement en rupture avec la Nature, matrice de la culture inuite. Loin de disparaitre pour autant, cette culture se réinvente et s’ajuste aux convulsions du monde, portée par un peuple déterminé à faire entendre sa voix et à protéger sa terre.
Sélection

Neige noire Les invisibles Dans un contexte social difficile, alors que beaucoup de Groenlandais de la capitale s’enfoncent dans la misère, de nombreux jeunes peinent à trouver leur place dans la société. Le décrochage scolaire est patent, la moitié des enfants arrêtent les études à l’âge de seize ans et rejoignent les rangs des « invisibles », ces adolescents qui disparaissent de la société. La rue devient leur repère et les addictions, leurs compagnes d’infortune. # Nuuk, Groenland, 2019-2021

Neige noire Variations en solitude majeur - #1 La rigueur hivernale à Nuuk plonge la ville dans une atmosphère de fin du monde. Des formes humaines se profilent entre les murailles de béton, conférant à chaque passant un air fantomatique. # Nuuk, Groenland, 2019-2021

Neige noire Solstice d’été De jeunes adolescents regardent le départ de la course à la chasse au phoque, le 21 juin, jour du solstice d’été et fête nationale groenlandaise. Les jeunes sont partagés entre l’attachement à leur terre, à leur culture, et le désir d’ailleurs. # Ilulissat, Groenland, 2019-2021

Neige noire Les invisibles Dans un contexte social difficile, alors que beaucoup de Groenlandais de la capitale s’enfoncent dans la misère, de nombreux jeunes peinent à trouver leur place dans la société. Le décrochage scolaire est patent, la moitié des enfants arrêtent les études à l’âge de seize ans et rejoignent les rangs des « invisibles », ces adolescents qui disparaissent de la société. La rue devient leur repère et les addictions, leurs compagnes d’infortune. # Nuuk, Groenland, 2019-2021
Commentaire ♥♥♥♥♥
ALFIE MASOLIVER > WINTERREISER
Inspirée par le cycle de lieder de Schubert, cette série transpose la figure romantique du Wanderer dans la tradition américaine du Road Trip. À travers l’immensité de l’Ouest et ses cieux infinis, cette série photographique l’esthétique du Sublime : une nature à la fois grandiose et impitoyable, miroir des émotions intérieures.
À l’instar du voyageur schubertien fuyant un chagrin d’amour, le photographe parcourt des routes sans destination évidente, où la solitude devient le moteur d’une tension nécessaire.
En capturant les traces de civilisation (maisons isolées, lignes électriques) sans présence humaine, l’œuvre interroge la place de l’individu face à une nature désolée mais rédemptrice.
Ce voyage extérieur se meut en une exploration de la subjectivité, où l’acceptation de la solitude permet, in fine, de se retrouver soi-même.
Sélection

Winterreiser # États-Unis, 2021-2023

Winterreiser # États-Unis, 2021-2023

Winterreiser # États-Unis, 2021-2023

Winterreiser # États-Unis, 2021-2023
Commentaire ♥♥♥♥♥

