FESTIVAL DE LA GACILLY
VILLAGE

LE FESTIVAL PHOTO DES COLLÉGIENS DU MORBIHAN > POP NATURE
Le Royaume-Uni a toujours été un terreau fertile pour l’audace artistiques et les mouvements culturels révolutionnaires. Des Swinging Sixties à la vague pop art, en passant par l’effervescence psychédélique des années 1970, les Britanniques ont su insuffler une énergie colorée et décalée au monde de l’art et du design. Po Nature s’inspire de cette esthétique joyeuse pour réinventer le paysage naturel : un monde pétillant, presque surréel, où le vert n’est plus simplement vert, mais fluo, où les fleurs dansent sous des lumières néons et le réel se teinte d’une douce excentricité.
Accompagnés par 8 photographes professionnels, ces 16 collèges publics et privés du département du Morbihan engagés dans l’opération travaillent toute l’annéescolaire 2024-2025 sur le thème « Pop Nature ». à travers cette exposition, les jeunes artistes offrent une vision libre et décomplexée du vivant, un haommage à une nature réenchantée, qui évoque une énergie pop et une effervescence créative. Un voyage virtuel entre poésie et psychédélisme, àù la nature devient une fête des sens.
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Sélection

Pop Nature Corps tropicaux, les explorateurs de couleurs # Plescop, France, 2025


Pop Nature Nos yeux remplis de couleurs # Lorient, France, 2025

Pop Nature Corps tropicaux, les explorateurs de couleurs # Plescop, France, 2025
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DON MCCULLIN > LA VIE, LA MORT ET CE QUI RESTE
Don McCullin a une relation compliquée avec la guerre. Il lui arrive même de dire qu’il courait après les conflits comme l’alcoolique après une canette de bière. Chypre, le Vietnam, Cuba, le Cambodge, le Salvador, l’Irlande… C’est en pionnier du photojournalisme - et aux côtés de noms tels que Capa, Jones Griffiths ou Burrows - qu’il donne ses lettres de noblesse à la discipline. Ses photos permettent à tout un public d’être informé de ce qui se déroule à des milliers de kilomètres de chez lui ; des clichés qui bouleversent l’opinion publique et les consciences.
Né en 1935 dans le quartier populaire de Finsbury Park à Londres, Don McCullin débute sa carrière presque par hasard : en 1959, une de ses photos du gang « The Guv’nors » est publiée par The Observer après le meurtre d’un policier. La violence est au cœur de sa renommée, mais elle n’est pas le seul aspect de son travail. En marge de ces reportages, McCullin s’intéresse aux populations marginalisées dans sa propre ville, photographiant des sans-abris, des migrants, des ouvriers. C’est là qu’émerge son regard social, hérité de l’enfant du Londres qu’il est. Celui d’un témoin précoce de la misère ambiante, qui sait cerner les fractures sociales de son pays, les laissés-pour-compte de l’industrialisation, les recalés de la mondialisation.
Anobli en 2017 par la Reine, il est l’un des rares photographes à avoir reçu une telle distinction consacrant une carrière exceptionnelle. Aujourd’hui, il s’est installé dans le Somerset et se consacre à la photographie de paysage. Une transition qui pourrait surprendre. Mais finalement, pas tant que ça. Dans les ciels nuageux de la campagne anglaise, dans les ruines suppliciées de Palmyre, en Syrie, Don McCullin continue de voir la griffe de l’histoire et l’empreinte d’une violence. Ses photos, même de lieux paisibles, sont comme chargées de poudre. Comme un éternel écho aux théâtres de guerre qui ont façonné son regard de manière irréversible.
Sélection

A young girl taking the family laundry [Une jeune fille s’occupant du linge familial] # Bradford, comté du Yorkshire de l'Ouest, Angleterre, Royaume-Uni, vers 1970

Easy shift, West Hartpool steel works [Première équipe de jour, aciérie d’Hartlepool] # Hartlepool, comté Durham, Angleterre, Royaume-Uni, 1963

# Désert de Méroé, Soudan, 2014

A young girl taking the family laundry [Une jeune fille s’occupant du linge familial] # Bradford, comté du Yorkshire de l'Ouest, Angleterre, Royaume-Uni, vers 1970
Commentaire ♥♥♥♥♥
FRANÇOISE HUGUIER > AFRIQUES ÉMOI
Sa première vraie rencontre avec le continent africain a lieu en 1989 quand elle part sur les traces de l’écrivain-ethnologue Michel Leiris. Un voyage initiatique qui se mue en un véritable coup de foudre pour cette mosaïque de peuples qu’elle photographie avec cette écriture lumineuse et ce souci du détail qui n’appartiennent qu’à elle. Depuis, du Burkina Faso à l’Afrique du Sud, du Bénin à l’Éthiopie, Françoise Huguier sillonne, la passion chevillée au corps, terres désertiques, villages perdus et métropoles animées par l’âme des musiciens. Au Mali, ce pays qu’elle affectionne tant, elle a fondé en 1994 les Rencontres photographiques de Bamako pour mettre en lumière d’immenses artistes jusqu’alors méconnus ; découvrant ainsi le talent d’un Seydou Keïta ou d’un Malik Sidibé et contribuant à faire rayonner mondialement leurs œuvres.
C’est une grande dame de la photographie, aussi bien reconnue pour ses travaux sur la mode que pour ses reportages d’une immense créativité que nous souhaitions honorer cette année. Membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 2023, elle nous transmet aujourd’hui son amour pour l’Afrique au travers d’un ouvrage exceptionnel publié aux éditions Odyssée, d’où sont issues toutes les images de cette exposition. Avec cet hommage que lui rend, en préface, l’écrivaine Aya Cissoko : « Rien n’échappe à son œil aguerri. Nul besoin d’artifice ! Elle n’a cure des postures, des faux-semblants, elle sait ce qu’elle veut et l’obtient. Oui, rien n’échappe à son regard, à son objectif. Ce qu’elle veut, c’est déshabiller le monde avec son appareil, le mettre à nu. Le donner à voir dans sa rudesse, ses aspérités, sans fioritures. Son travail témoigne du monde d’avant, d’aujourd’hui et nous laisse entrevoir, celui à venir. Les clichés de Françoise Huguier abolissent les frontières géographiques, de la race, de la classe et du genre ». Des images à regarder comme une vraie grande leçon d’humanité !
Sélection

Pêcheur bozo sur le Niger # Tombouctou, Mali, 1989

Sur les traces de l’Afrique fantôme

Rose, dans une auberge pour femmes de l'ANC. # Durban, Afrique du Sud, septembre 1995

Pêcheur bozo sur le Niger # Tombouctou, Mali, 1989
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GINA SODEN > URBEX, QUAND LA NATURE REPREND SES DROITS
Lorsque la photographe britannique Gina Soden pénètre dans un lieu abandonné, c’est toujours le silence qu’elle trouve en premier. Viennent ensuite les murs fissurés, les vitres brisées, la peinture écaillée, les meubles poussiéreux, des herbes sauvages qui ont envahi les espaces clos… Plutôt que de fuir la déshérence de ces endroits que tout le monde semble avoir abandonnés, Gina Soden en fait son royaume, son champ d’expression artistique. Elle y voit une richesse esthétique et une mémoire patinée par le temps. La photographe écume l’Europe à la recherche de châteaux hantés, d’hôpitaux délabrés, d’usines désaffectées, et de manoirs abandonnés. Sans jamais révéler leurs emplacements, elle les revisite le temps d’une prise de vue.
Son approche n’est pas documentaire. Elle préfère jouer avec la composition de ces endroits pour leur redonner vie presque artificiellement. Chaque image révèle une esthétique radicalement picturale. Mais contrairement à d’autres photographes dits « d’urbex » ou « d’exploration urbaine », ses œuvres ne sont jamais lugubres ou anxiogènes. Exposées dans des galeries à Londres et à Paris, elles amènent à réfléchir sur la notion de patrimoine, sur notre rapport à l’histoire et à l’obsolescence, programmées ou non.
Dans une époque obsédée par le beau, le neuf, le parfait et le lisse, la photographe réfléchit sur le délabrement, le pourrissement, la détérioration… et, in fine, l’idée sous-jacente de la mort – en tout cas de la disparition. Une philosophie et une approche qui permettent à Gina Soden de sauver brièvement de l’oubli des architectures en perdition. Des lieux qui témoignent d’un passé ne s’effaçant pas assez vite par rapport à la marche du progrès. Des images qui montrent souvent que la “fin” de quelque chose est toujours le début d’une autre. Une poésie à l’origine du succès de cette photographe londonienne qui a su faire de l’abandon une renaissance.
Sélection

Reclamation Figli di Edison [Réclamation Les enfants d'Edison] # 2023

How Long is Now? Cadenza [Combien de temps dure maintenant ? Cadence] # 2020

Swimming Gala [Gala de natation] # 2024

Reclamation Figli di Edison [Réclamation Les enfants d'Edison] # 2023
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COREY ARNOLD > DES ANIMAUX DANS LA VILLE
Avant d’être photographe, Corey Arnold est avant tout un homme de la mer. Celui qui a grandi sur le nord de la côte ouest des États-Unis, passe son enfance à découvrir l’univers de la pêche avec son père. Jusqu’à devenir pêcheur lui-même, professionnellement. D’abord en mer de Béring, puis dans la baie de Bristol où il traque les crabes et les saumons rouges. Une profession dont il a longtemps chroniqué la réalité à travers son travail photographique. Son livre « Fish-Work : The Bering Sea » témoigne de ce monde rude et fascinant qui nourrit la planète ; un monde peuplé d’individus endurcis par les vagues glacées de ces eaux nordiques. Dans cette exposition, c’est pourtant sur la terre ferme qu’il nous emmène à la rencontre de la faune sauvage qui s’invite dans l’environnement urbain.
Partout sur la planète, les espaces naturels se résorbent. Les zones tampons entre la nature et l’Homme se réduisent. Alors, les deux se croisent. Parfois, il y a conflit. Souvent, cela se fait en toute harmonie. Avec un œil curieux et souvent drôle, Corey Arnold explore nos cités et y révèle les visites inattendues d’animaux en tout genre, là où on ne les attend pas. À travers cette série, il met en lumière une évidence qu’on oublie parfois un peu trop : la formidable capacité d’adaptation de ces bêtes qui foulaient la Terre avant nous - et dont certaines disparaissent sous le coup de l’action de l’Homme.
Derrière les images de Corey Arnold - qui, précisons-le pour les sceptiques, ne sont pas issues de l’intelligence artificielle - on découvre surtout des animaux, des renards, des loups, des ours, en quête de nourriture, d’un abri ou simplement d’un espace vital. Un travail qui donne à réfléchir sur la frontière entre le « civilisé » et le « sauvage ». Et, finalement, fait écho à son travail sur la pêche où l’Homme n’est qu’un invité temporaire, bruyant et affamé, dans des océans de plus en plus fragiles.
Sélection

Cities Gone Wild, House Bear [Villes devenues sauvages, maison de l’ours] Un grand ours noir brunâtre sort de sa tanière dans le vide sanitaire d'une maison abandonnée. # South Lake Tahoe, Californie, États-Unis

Cities Gone Wild, Bear Walk [Villes devenues sauvages, la promenade de l’ours] Une ourse noire et son ourson parcourent ce quartier à la recherche de nourriture. # South Lake Tahoe, Californie, États-Unis

Cities Gone Wild, Downtown Coyote [Villes devenues sauvages, le coyote du centre-ville] Ce jeune coyote mâle avait été équipé d'un collier émetteur par des membres du Projet Coyote Urbain du Comté de Cook, dirigé par le Dr Stanley Gehrt. # Chicago, Illinois, États-Unis

Cities Gone Wild, House Bear [Villes devenues sauvages, maison de l’ours] Un grand ours noir brunâtre sort de sa tanière dans le vide sanitaire d'une maison abandonnée. # South Lake Tahoe, Californie, États-Unis
Commentaire ♥♥♥♥♥

