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FESTIVAL DE LA GACILLY 
MARAIS

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FRANÇOIS FONTAINE > EDEN

 

Ces photographies sont une ode au voyage, à la contemplation, à l’émerveillement, dans une forme, toute particulière, à la fois poétique, douce et nostalgique. Pas étonnant, dans ces conditions, que François Fontaine, Docteur en Histoire de l’Art et membre de l’agence VU, ait été récompensé cette année par le Prix Leica des Nouvelles écritures de la photographie environnementale.

Depuis vingt ans, il réalise des séries chromatiques inspirées des cultures orientales. Cette fois, il a parcouru le Japon du Sud au Nord, en suivant la floraison printanière du pays.

Depuis la ville de Kagoshima, il a remonté l’île de Kyūshū puis celle de Honshū, jusqu’à la ville sacrée de Nikkō, en privilégiant les parcs et les jardins autant que les sanctuaires et les lieux de pèlerinages, avec le désir de transposer, en images, les émotions suscitées par le spectacle d’une nature en pleine métamorphose.

Il s’est immergé dans un univers sensoriel et esthétique qui émeut autant qu’il interroge. Au Japon, la nature est imprégnée de mystère et de magie. Les animaux semblent surgir d’un haïku ou d’un conte pour enfant, et les plantes, stylisées et colorées, d’une estampe japonaise.

En partageant la coutume ancestrale du hanami qui consiste à contempler la beauté des fleurs, principalement les fleurs de cerisier, il s’est laissé imprégner par la douceur du printemps et la splendeur des floraisons afin de capturer les éléments de nature et leurs détails : les jeux de lumière dans les frondaisons, les formes graphiques dans les ramures, les matières colorées sur les sols détrempés, les reflets des arbres sur les étangs.

Prévert disait que « la vie est une cerise, la mort son noyau et l’amour le cerisier ». Un écrivain japonais, lui, estimait que l’esprit de son peuple pouvait se résumer à la fleur de cerisier, qui éclot sous le soleil du printemps. François Fontaine nous offre, lui, ce cadeau éphémère de la nature​.

 

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AXELLE DE RUSSÉ > ATTRACTIONS POLAIRES

 

Tout au nord du globe, à plus de 1000 kilomètres du pôle, se trouve, dans l’archipel du Svalbard, la petite ville de Longyearbyen, la plus septentrionale de la planète. Perdue au milieu de l’Arctique norvégien, elle est peuplée d’aventuriers, de mineurs, de scientifiques, et vit au rythme des deux saisons polaires, le jour et la nuit. C’est là, dans ces confins, que le réchauffement climatique est le plus significatif : depuis 1960, la température y a augmenté de 8°C en hiver, et 6°C en été. Comment résiste la petite cité ? Qui sont-ils, celles et ceux qui vivent en première ligne face à l’inévitable ?

À l’autre extrême, en Patagonie chilienne, se situe Puerto Williams, l’agglomération la plus australe au monde. En zone subantarctique, elle semble à première vue l’exact reflet de sa sœur du Nord. Les petites maisons en bois, comme posées sur les flancs des montagnes, abritent environ 2000 habitants. Cette terre qui abritait autrefois les Indiens Yagan, aujourd’hui base maritime, est peuplée de pêcheurs, de cœurs brisés et des derniers descendants du peuple autochtone. Isolée, loin de tout, comme figée dans le temps, elle regarde sa voisine argentine Ushuaïa avec la fierté de ceux qui vivent dans les zones extrêmes. Mais avec une certaine envie. Les autorités locales cherchent à développer le tourisme et profiter, un peu, d’une manne non négligeable. Comme partout ailleurs, les effets du réchauffement se font sentir : la neige se fait de plus en plus rare, les glaciers du canal de Beagle fondent à vue d’œil, et les araignées de mer, si demandées, s’éloignent de plus en plus des côtes, vers une eau plus froide.

Dans cet essai photographique, à la fois documentaire et artistique, la photographe Axelle de Russé joue sur cette similarité chromatique des deux Pôles touchés par le bouleversement climatique : « L’obscurité des photos vise à exprimer l’évanescence d’un monde fragile, en danger. J’ai également cherché à suggérer le réchauffement et la sensation de chaleur grâce au procédé de l’infrarouge. Il permet de mettre en valeur ce qui n’est pas perceptible à l’œil humain en transformant la colorimétrie de l’image. À la prise de vue, les points les « plus chauds » deviennent alors magenta. »
 

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LAURENT BALLESTA > PLANÈTE MERS

 

Roald Amundsen, le premier homme à atteindre le pôle Sud et grand habitué des conditions extrêmes, aimait dire que « l’aventure est le pire ennemi de l’explorateur ». Car l’exploration, la vraie, ne peut être que le fruit de trois impératifs : rigueur, anticipation et préparation. Laurent Ballesta peut en témoigner. Il serait injuste de le réduire à un simple « photographe sous-marin ». Biologiste de formation, scaphandrier, ce français né dans le sud de l’Hexagone a pris l’habitude, depuis plus de trente ans, de repousser les limites physiques de son corps et les frontières sous-marines. Pour toujours pouvoir avancer un peu plus loin dans cette fameuse « zone crépusculaire », là où la lumière s’évanouit et où les abysses surgissent.

En 2019, il effectue par exemple une aventure de vingt-huit jours en immersion constante – la durée maximale autorisée pour ce type de plongée profonde – avec trois autres plongeurs, dans un engin grand comme une cabine de wagon-lit. Un univers confiné où ils dorment et mangent sous une pression équivalente à celle des profondeurs, respirant un mélange héliox composé majoritairement d’hélium et d’à peine 4 % d’oxygène. Une expédition jusqu’à, parfois, 142 mètres de profondeur et un total de 31 plongées. Des conditions dans lesquelles ces séances s’apparentent plus à une sortie extravéhiculaire sur l’ISS qu’à autre chose…

Allier passion, recherche et photographie : une trinité au cœur de la démarche de ce photographe qui s’est taillé une place auprès des autres grands du domaine comme Paul Nicklen, David Doubilet ou Brian Skerry. Chercher pour mieux comprendre, comprendre pour mieux s’émerveiller, s’émerveiller pour mieux défendre des environnements sous-marins qui se détériorent de plus en plus. Et qui, même s’ils demeurent inhospitaliers et mystérieux pour l’Homme, sont indispensables à la vie de notre espèce sur cette planète​.

 

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ROBERT DOISNEAU > ALLONS VOIR LA MER

 

On le connaît surtout pour ses scènes de rue parisiennes. Ses écoliers en culottes courtes, son couple qui s’embrasse devant l’Hôtel de Ville de Paris. Mais Robert Doisneau n’a pas fait qu’écumer la capitale. Il a aussi promené son objectif curieux et poétique le long du littoral français, de la Bretagne à la Côte d’Azur, en passant par la Normandie, la Vendée, le Pays basque ou encore le Languedoc. Des pérégrinations qu’il faisait à l’occasion de reportages, de commandes publicitaires ou de séjours en famille.

Celui qui aimait se décrire comme un « révolté du merveilleux » s’emploie alors à saisir cet univers côtier. Pêcheurs, dockers, vacanciers, marins du dimanche : tous deviennent protagonistes de cette comédie humaine qu’on retrouve toujours dans l’œuvre de Robert Doisneau. Qu’il s’agisse de pavés parisiens ou de jetées bretonnes, ce qui l’intéresse, c’est l’Homme, dans une inspiration toujours joyeuse. Le reste n’est qu’un décor où il évolue.

Ses premières images de bord de mer, réalisées dès les années 1930, ont autant cette patte « doisnesque » que ses photos plus connues. On y aperçoit sa femme Pierrette, minuscule silhouette sur une plage de sable. Elle précède des scènes plus sociales, mais toujours dans l’esprit de cette « photographie humaniste » : sardiniers rentrant au port, enfants ramassant des coquillages, badauds en goguette sur une promenade. Un aspect méconnu de son travail que font vivre, et revivre, ses filles Annette Doisneau et Francine Deroudille.

Ces photographies permettent de jeter un autre regard sur Robert Doisneau, d’apprendre à mieux le connaître et à le comprendre. Elles rappellent, aussi et surtout, qu’au-delà de clichés qui ont fait sa célébrité, il fut avant tout un témoin attentif et précieux d’une époque révolue transcendée par la douceur et l’insouciance. En cela, il est et restera à jamais l’un des rares noms incontournables de la photographie française du XXe siècle - à la ville comme à la mer​.

 

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STÉPHANE LAVOUÉ > LES TRAVAILLEURS DE LA MER

 

Ils sont capitaines de remorqueurs, mareyeurs, scaphandriers, apprentis au lycée maritime, pêcheurs, sémaphoristes ou fusiliers militaires, et ont tous en commun d’être en contact quotidien avec l’Atlantique qui borde la côte morbihannaise.

Pour cette édition qui souhaite faire la part belle aux enjeux de la mer, le photographe Stéphane Lavoué, portraitiste émérite notamment récompensé par le Prix Niépce Gens d’Images en 2018, et l'auteure Catherine Le Gall sont partis des semaines durant à la rencontre de ces travailleurs de la mer. Dix ans après avoir réalisé un travail sur l'alimentation en Bretagne, également exposé au Festival Photo La Gacilly, le duo s'est intéressé cette fois aux métiers liés à l'océan, pour cette commande photographique initiée par le Conseil départemental du Morbihan. Ils ont sillonné nos rivages, de Lorient à Vannes en passant par Étel, Saint-Gildas-de-Ruiz ou Groix pour rencontrer ces hommes et ces femmes dont le travail est lié intrinsèquement et intimement à la mer.

Quelle relation entretiennent-ils avec l'élément marin ? Quel plaisir tirent-ils à être en contact permanent avec l’océan ? Quelle est la particularité d'une activité essentiellement marine ? Ils sont une vingtaine à s'être prêtés à l'exercice d'un portrait photographique accompagné d'un verbatim pour raconter qui ils sont et ce qu'ils ressentent. Dans leurs regards se lisent la détermination, le sens du devoir, la fierté, parfois la fatigue. Qu'ils soient nés dans la région ou qu'ils y soient venus pour leur travail ; qu'ils plongent, ramassent des algues, fabriquent des filets ou traquent le poisson ; qu'ils soient à quai, au milieu de la mer ou dans des hangars, tous nous transmettent cette passion qu'ils ont pour leur métier et l'environnement dans lequel ils évoluent tous les jours. Car il faut savoir affronter de jour comme de nuit des hivers rudes, des intempéries parfois impétueuses, et rester humble face aux aléas de la météo​.

 

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FRÉDÉRIC NOY > LE MONDE PERDU D’UDZUNGWA

 

La Tanzanie, en Afrique de l’Est, compte 22 parcs nationaux sur son territoire. L’année dernière, plus d’1,5 million de personnes s’y sont rendues, notamment dans les célèbres Kilimanjaro, Arusha et Serengeti. Mais seulement 8 000 sont allées dans celui d’Udzungwa, dans le centre du pays.

Pourtant, c’est dans ces montagnes recouvertes d’une épaisse végétation tropicale qu’a été découvert, au début des années 2000, le dernier spécimen de singe : le Kipunji (Rungwecebus kipunji). Mais pas de lions, pas de rhinocéros, pas de léopards… Alors les touristes le boudent. Pour les scientifiques, il reste l’un des sanctuaires les plus importants à protéger : ce territoire de seulement 2 000 kilomètres carrés abrite l’une des biodiversités les plus riches du continent africain. Ses chutes d’eau, dont Sanje qui culmine à 170 mètres de hauteur, irriguent naturellement l’ensemble de la région. Dans le cadre d’une commande photographique de la Fondation Yves Rocher, le photojournaliste Frédéric Noy, grand spécialiste des questions environnementales et géostratégiques, s’est immergé des mois durant dans cet espace naturel menacé.

Les frontières du parc ne sont pas remises en question. Mais l’augmentation des activités agricoles, centrées sur la monoculture (canne à sucre ou riz), l’explosion démographique (près de 70 millions d’habitants contre 22 millions il y a 40 ans), l’immigration interne de tanzaniens venant profiter de la richesse et de la fertilité des terres, ainsi que la déforestation à des fins ménagères, ont progressivement rongé ses limites. 400 000 personnes vivent aux abords immédiats d’Udzungwa, et le besoin d’une population précaire et rurale d’exploiter ses terres ne peut lui être reproché.

Alors, des organisations comme Mazingira et d’autres lancent des programmes transversaux : éduquer à l’agroforesterie les nouvelles générations dès l’école primaire, sensibiliser les agriculteurs à des pratiques plus respectueuses de l’environnement, créer et maintenir des corridors permettant à la faune de se déplacer sans entrer en conflit avec l’Homme. Sans oublier d’essayer d’attirer plus de touristes, car le meilleur moyen de protéger une terre est de lui donner une valeur​​.

 

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SUPRATIM BHATTACHARJEE > SUNDARBANS, LES COLÈRES DE L’OCÉAN

 

Les Sundarbans indiens forment un delta unique, façonné par le Gange dans le sud-est de l'Inde. La région s'étend jusqu'au sud du Bengale et partage une frontière avec le Bangladesh. On y trouve plus de 4 100 kilomètres carrés de forêts de mangroves, couvrant 102 îles. Parmi elles, 54 sont habitées par 4,5 millions de personnes. En 1987, les Sundarbans ont été classés au patrimoine mondial de l'UNESCO en raison de leur biodiversité exceptionnelle.

Néanmoins, cet environnement fragile est exposé à de nombreux risques imminents. Les mangroves, qui servent de zone tampon contre les tempêtes et les raz-de-marée, se réduisent comme peau de chagrin. Le niveau de la mer monte inexorablement, rendant la région de plus en plus vulnérable aux catastrophes climatiques, accentuant la pénurie de nourriture et d’eau, diminuant la productivité agricole.

Les photos de Supratim Bhattacharjee rappellent ces évidences que l’on refuse de voir. Né dans une région du monde particulièrement exposée à ces bouleversements, ce photojournaliste indien témoigne depuis le début de sa carrière des enjeux environnementaux et de leurs effets sur les populations. Érosion des sols, salinisation des nappes phréatiques, hausse du nombre de réfugiés climatiques… Les titres de ses différents travaux réalisés en Asie du Sud annoncent la couleur : « La guerre de l’eau », « Une nation qui coule », « Des enfants en enfer ». Catastrophisme ? Sensationnalisme ? Non. Réalisme.

Ces îles s'érodent à une vitesse alarmante. Entre 2000 et 2020, les Sundarbans ont perdu environ 110 km² de mangroves, un bouclier naturel essentiel pour toute la région. Ce n’est pas une vague, mais une lame de fond : l’île de Lohachara, qui abritait plus de 10 000 personnes, a été définitivement submergée dans les années 1980. Ses habitants ont été contraints de se déplacer​.

 

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© 2017 Eric Poulhe Photographie

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