FESTIVAL DE LA GACILLY
JARDIN BOTANIQUE

CIG HARVEY > EXPÉRIENCES SENSORIELLES
Il faut profiter de la couleur. C’est ce qu’a réalisé Cig Harvey après une visite chez l’ophtalmologiste : la photographe prend conscience que sa vue est en train de changer. Puis, l’un de ses amis lui fait une remarque qui l’énerve : « La couleur n’est pas réelle. Ce n’est qu’une interprétation des ondes de lumière par notre cerveau ». Pour quelqu’un qui a passé sa vie à jouer avec les couleurs et dont deux des livres s’appellent « Blue Violet » et « Emerald Drifter », la sentence n’est pas facile à entendre.
Un coup d’œil au travail de cette artiste suffit pour donner tort à son ami. Dans ses natures mortes ou ses compositions étranges et hypnotisantes, les couleurs sont plus réelles qu’elles ne l’ont jamais été auparavant. L’artiste parvient à faire surgir toute leur identité primordiale. Car pour nos cerveaux, qu’il s’agisse des rouges, des bleus ou des verts, toutes les teintes ont un goût, une odeur, une aura, quelque chose d’indicible qui provoque, au plus profond de nos êtres, des émotions, des réactions, des instincts. Originaire du Devon, en Angleterre, mais vivant dans le Maine, aux États-Unis, la photographe a vu ses œuvres intégrées à de prestigieuses collections et est représentée par certaines des plus grandes galeries américaines.
Chez elle, la quête de la couleur nous mène sur un chemin : celui qui réenchante le quotidien, qui réveille nos sens. Sans se limiter à de simples images poétiques et abstraites, Cig Harvey y ajoute ses réflexions. Mais là où l’on trouve souvent des explications vides de pensée et de concept, l’auteure délivre dans ses ouvrages des réflexions philosophiques et scientifiques accessibles et souvent bien senties. L’œuvre devient ainsi complète : certains n’y verront qu’une dimension esthétique, d’autres se plongeront dans la narration qu’elle imagine. Dans son introduction, elle cite une phrase de Matisse résumant tout l’intérêt de son travail : « Avec la couleur, on obtient une énergie qui semble provenir de la sorcellerie ».
Sélection

Blue Violet Boltonia Asteroides [Bleu Violet Astéroïdes de Boltonia] # États-Unis, 2021

Blue Violet Wild Roses [Bleu Violet Roses sauvages] # États-Unis, 2021

Emerald Drifters Winter Picnic [Les vagabonds d'émeraude Pique-nique l'hiver] # États-Unis, années 2020

Blue Violet Boltonia Asteroides [Bleu Violet Astéroïdes de Boltonia] # États-Unis, 2021
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ANNA ATKINS > CYANOTYPES
Dans cette édition dédiée aux photographes britanniques, nous ne pouvions que rendre hommage à une pionnière. Car si l’ingénieur français, Nicéphore Niépce est considéré comme l’inventeur de la photographie en 1824, Anna Atkins est la première femme à avoir utilisé ce procédé visuel de reproduction. Née en 1799, sous le règne de Georges III, elle est la fille d’un scientifique travaillant au British Museum et grandit dans un milieu où les conversations étaient rythmées par deux notions : la science et les avancées technologiques. Un environnement fertile pour un esprit curieux - ce qu’elle était.
À l’époque, la science est un domaine réservé aux hommes, mais pas la botanique. Anna Atkins étudie les plantes et réalise des dessins pour illustrer des manuels pratiques. Jusqu’à ce qu’elle reçoive son premier appareil photo au début des années 1840. Mais c’est au cyanotype qu’elle va consacrer son travail : un procédé photochimique qui simplifie la fixation monochrome d’impressions lumineuses, d’une manière jusqu’alors inédite, et qui produit ces tirages bleus de Prusse ou bleu cyan. C’est pour elle une révélation, mais surtout le trait d’union qui lui permet de lier ses intérêts botaniques à ses penchants scientifiques.
En 1843, elle publie « Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions », considéré comme le premier livre de photographie illustré. Un ouvrage artisanal, où chaque page porte l’empreinte du spécimen d’algue, exposé directement sur papier. Les silhouettes bleutées, presque fantomatiques, viennent formaliser l’univers scientifique jusque-là enfermé dans des illustrations à la main. Et deviennent, sous son regard, un langage artistique à part entière. Si, au départ, ce sont les botanistes qui s’enthousiasment pour cet inventaire des espèces, les esthètes y découvrent plus tard un art nouveau. Très répandu aujourd’hui, comme chez le spécialiste de la photographie microscopique Spike Walker.
Son influence, on la retrouve deux siècles plus tard chez de nombreux artistes contemporains fascinés par les techniques anciennes, le rapport à la lenteur, au matériel et à l’aspect artisanal de l’acte créatif. Découvreuse de la photographie, Anna Atkins rappelle aussi que l’observation méticuleuse de la nature nourrit aussi bien la science que l’imaginaire.
Sélection

Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions [Photographies d'algues britanniques : impressions cyanotypes] Various algal # Angleterre, Royaume-Uni, 1843–1853

Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions [Photographies d'algues britanniques : impressions cyanotypes] Various fern # Angleterre, Royaume-Uni, 1843–1853

Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions [Photographies d'algues britanniques : impressions cyanotypes] Himanthalia lorea # Angleterre, Royaume-Uni, 1843–1853

Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions [Photographies d'algues britanniques : impressions cyanotypes] Various algal # Angleterre, Royaume-Uni, 1843–1853
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MARTIN PARR > LA TENDRE ALBION
N’hésitez pas à dire à Martin Parr qu’il est « kitsch » : il considère que c’est un très beau compliment. Celui qui a autant marqué la photographie britannique que Cartier-Bresson l’a fait pour la française, est aujourd’hui devenu un artiste incontournable. Son style, inimitable, a inspiré des centaines de jeunes talents. « Une photo parfaite, ça n’existe pas. Mais tous les matins, quand vous sortez, vous espérez quand même en faire une », explique le photographe dans le film de Lee Shulman (« I Am Martin Parr ») qui lui est consacré. « Je considère qu’un de mes rôles est d’essayer de déterminer ce que c’est que d’être anglais ».
Après ses premiers clichés en noir et blanc, Martin Parr se tourne vers la couleur et démontre, à l’époque, que cette nouvelle écriture n’est pas destinée qu’à la mode et à la publicité, et qu’elle peut être une photo d’auteur, documentaire ou artistique. Il décline alors en images ces scènes lumineuses, saturées, cyniques et souvent drôles. Son regard sur la classe moyenne anglaise suscite la controverse : certains y voient une critique acerbe – pour ne pas dire un mépris – de ses contemporains. Martin Parr s’en est toujours défendu : « Mon rôle est de montrer les choses telles qu’elles sont, sans les enjoliver ». L’homme a cet œil acéré à la fois affectueux, satirique et amusé qui nous fait grimacer autant que sourire. Une approche qui lui vaut quelques inimitiés chez ses pairs. À tel point que son entrée à l’agence Magnum a failli provoquer une scission : la moitié des membres menaçait de partir si on l’acceptait, l’autre moitié refusait de siéger sans lui. Martin Parr en devient finalement membre en 1994, et contribue à dépoussiérer l’image de cette prestigieuse coopérative photographique.
Un vrai photographe ne raccroche jamais ses boîtiers. À 73 ans, il continue de sillonner plages, foires et autres espaces publics à la recherche du fameux instant et de l’imperceptible détail - celui qui résume les manies et encapsule les contradictions de ses concitoyens. « Kitsch » ou non, ses images possèdent en tout cas un double niveau de lecture. Au-delà du comique, elles suscitent un questionnement : sur l’identité, sur le rapport à la surconsommation et ses effets sur les sociétés et l’environnement… Une démarche à cheval entre tendresse, dérision et information, au point de créer un style immédiatement reconnaissable, jusqu’à s’imposer dans nos esprits comme « du Martin Parr ». La signature des génies qui savent marquer leur époque.
Sélection

London Calling # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 1997

It’s too hot [Il fait trop chaud] # Hebden Bridge, Comté du Merseyside, Angleterre, Royaume-Uni, 1985

Unflappable [Imperturbables] # Mosney holiday camp, Irlande, 1986

London Calling # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 1997
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TONY RAY-JONES > LES ANGLAIS DANS LE VISEUR
Il est de ces artistes qui partent toujours trop tôt. Tony Ray-Jones n’aura vécu qu’une trentaine d’années, mais son nom est désormais indissociable de la photographie anglaise. Formé au London College of Printing puis à Yale aux ÉtatsUnis, il découvre la vitalité de la scène photographique américaine de l’époque, animée par les ténors de la street photography comme Garry Winogrand, Lee Friedlander ou Joel Meyerowitz.
De retour au Royaume-Uni, il arpente les stations balnéaires (Blackpool, Margate, Brighton) et s’attache aux détails, à ce qui fait la substantifique moelle de la vie anglaise de l’époque : tenues élégantes, pique-niques contrariés par la pluie et autres petits rituels sociétaux. Son style, une empathie matinée d’ironie et de spontanéité, marque un tournant. Il jette un regard neuf sur les mœurs de ses compatriotes, sans jamais sombrer dans la méchanceté gratuite. Sortant des sentiers battus, curieux de tout, ce jeune prodige de l’image est animé d’une boulimie méthodique, alliant chacun de ses clichés malicieux à une composition graphique parfaite. Un jeune photographe découvre à l’époque son travail. C’est pour lui une révélation. Son nom ? Martin Parr. Sans Tony Ray-Jones, il n’aurait sans doute pas trouvé sa passion.
Emporté par une leucémie en 1972, à seulement 31 ans, Tony Ray-Jones laisse derrière lui une œuvre brève mais déjà entière, complète et profonde, trop peu dévoilée au public français. Comme souvent dans ce cas-là, elle ne sera vraiment reconnue qu’après sa mort. Ses planches-contacts témoignent d’une volonté de saisir « l’âme anglaise » dans ce qu’elle a de plus trivial et de plus universel à la fois. Aujourd’hui, comme pour beaucoup de géants des arts, son influence n’a fait que grandir. Et de nombreux photographes continuent de puiser dans son héritage, consciemment ou non, pour y renouer avec les origines de cette photographie éprise du goût de l’observation des petits moments de l’existence.
Sélection

Trooping the Colour [Porter les couleurs] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 1968

Beauty Contest [Concours de beauté] # Southport, Angleterre, Royaume-Uni, 1967

Eton pupils daydreamings [Les rêveries des collégiens d’Eton] # Eton, comté de Berkshire, Angleterre, Royaume-Uni, 1968

Trooping the Colour [Porter les couleurs] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 1968
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PETER DENCH > HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
Est-ce que Peter Dench aime l’Angleterre ? Celui qui naît en 1972, le jour de la Saint-Georges (protecteur du royaume), grandit dans un pays en pleine mutation, tiraillé entre la tradition conservatrice et les aspirations au progrès. Passionné par l’image, il se tourne vite vers la photographie documentaire et se met à parcourir son pays : de la campagne profonde aux grandes métropoles, jusqu’aux villes balnéaires où la météo s’acharne à contrarier les projets des vacanciers. Ses images sont celles de scènes banales et cocasses : enterrements de vie de garçon, fêtes de village, pub crawls, supporters de foot déchaînés… Cliché ? Peut-être. Mais ces clichés-là viennent bien de quelque part. Et Peter Dench ne cesse de nous surprendre en créant presque des images d’Épinal d’une Angleterre que le visiteur devine lors de ses séjours outre-Manche.
Son approche est frontale, teintée certes d’ironie mais toujours d’une forme d’affection pour ses sujets. Les contradictions du quotidien anglais y sont mises en avant : un savant cocktail de classe et de « trash ». À travers son travail, Peter Dench nous montre une Angleterre qui cultive un mélange de flegme et d’excentricité, où le snobisme peut côtoyer la vulgarité la plus brute. Il a publié plusieurs livres, dont « England Uncensored » et plus récemment « Carry on England », deux ouvrages incontournables pour mieux comprendre un peuple partagé entre frasques et traditions. Ses reportages ont également été repris par des magazines du monde entier, friands de sa capacité à révéler l’absurde enfoui dans la banalité, jusqu’à devenir l’un des principaux chroniqueurs visuels de l’Angleterre contemporaine. La force de ses photographies vient de ce mélange indéfinissable où le rire est souvent jaune, mais toujours spontané. La quintessence, finalement, de cet humour britannique, oscillant entre satire et tendresse. Peter Dench, c’est certain, aime l’Angleterre. Mais qui aime bien, châtie bien.
Sélection

King Charles III Coronation [Le couronnement du roi Charles III] # Angleterre, Royaume-Uni, mai 2023

Queen's Platinium Jubilee [Le jubilé de platine de la reine] # Angleterre, Royaume-Uni, juin 2022

England uncensored When the sun shines, you have to seize the moment. Tanning pitstop on the A303, Old Willoughbly Hedge Service Station [L'Angleterre non censurée Quand il y a du soleil, il faut en profiter. Point bronzage sur l’A303, à l’arrêt d’Old Willoughbly Hedge] # Willoughbly, comté du Lincolnshire, Angleterre, Royaume-Uni, 1998

King Charles III Coronation [Le couronnement du roi Charles III] # Angleterre, Royaume-Uni, mai 2023
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TERRY O’NEILL > LES LÉGENDES DU ROCK
C’est le Londres fantasmé. Celui qu’on aurait aimé connaître. Celui, bouillonnant, exalté, délirant du début des années 1960. Terry O’Neill, né en 1938, en a profité comme personne. Le gamin qui se rêvait batteur dans un club de jazz prévoit de devenir steward pour pouvoir voyager aux États-Unis et étudier les grands noms de la musique noire américaine. Le destin décide de mettre la photo sur sa route. Le rock’n’roll déferle sur le monde et sur l’Europe. Les Beatles et les Rolling Stones veulent casser, aussi, la manière dont un groupe se montre et se met en scène. Ils veulent quelque chose de plus naturel, de plus décontracté, de plus abrasif, de moins conventionnel. Terry O’Neill est au rendez-vous pour combler ces demandes et devient ainsi l’un des principaux témoins de cette révolution musicale mais aussi sociétale.
Son style est direct, spontané : il n’hésite pas à faire poser ses modèles dans des endroits inattendus ou à privilégier les moments de détente. Aujourd’hui, rien d’étonnant. Mais à l’époque, c’est novateur. Les médias du monde entier, de Vogue à Paris Match, s’arrachent ses productions. Certaines de ses photos vont jusqu’à façonner l’identité que ces artistes vont graver dans l’imaginaire collectif pour des décennies à venir : le glam de David Bowie, l’énergie électrisante d’Elton John, les moues de Mick Jagger, des légendes entrent dans l’Histoire. À une époque où la photographie est (déjà) le médium-roi pour construire une « mythologie », elle va permettre de les transformer en icônes. Ses images sont d’ailleurs toujours exposées dans de nombreux musées, intégrées à des collections permanentes.
On ne peut s’empêcher, devant ces clichés, de sentir le pincement de la nostalgie. De se demander si une telle époque de liberté créatrice et de révolution culturelle, où sont nés tant de géants, reviendra un jour. Si c’est le cas, il n’y a qu’à espérer qu’un photographe du talent de Terry O’Neill soit là pour l’immortaliser.
Sélection

The Rolling Stones devant l’église Saint-Georges du Hanover Square. En partant du bu bas à gauche : Mick Jagger, Charlie Watts, Bill Wyman, Keith Richards et Brian Jones # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 17 janvier 1964

L'actrice Ursula Andress posant sur une table de roulette dans la parodie d'espionnage Casino Royale dans laquelle elle joue Vesper Lynd. # États-Unis, 1967

L'ex-Beatle George Harrison dans le parc de sa maison de Friar Park. Photographié pour la quatrième de couverture de son album « Dark Horse », sorti en décembre 1974. # Environs de près de Henley-on-Thames, Comté d’Oxfordshire, Angleterre, Royaume-Uni, 1974

The Rolling Stones devant l’église Saint-Georges du Hanover Square. En partant du bu bas à gauche : Mick Jagger, Charlie Watts, Bill Wyman, Keith Richards et Brian Jones # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, 17 janvier 1964
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MARY TURNER > L’ANGLETERRE PÉRIPHÉRIQUE
Il y a l’Angleterre des Rois et des Reines. Celle des Lords et des châteaux. Et il y a l’autre Angleterre, héritée de la révolution industrielle, de la prospection minière et de l’ère victorienne. Celle immortalisée par le romancier Charles Dickens ou le cinéaste Ken Loach. Celle des banques alimentaires, des centres d’aide sociale, des clubs d’ouvriers, des pubs miteux ; cette Angleterre qui s’effrite à la périphérie des grandes villes. Ces quartiers de briques rouges ravagés par les crises économiques et la désindustrialisation, où vivent des communautés marginalisées.
C’est cette Angleterre que Mary Turner s’emploie à documenter depuis des années. Pour plusieurs journaux, notamment pour The New York Times, elle s’affaire à raconter la vie des gens, à qui l’on ne pense pas. Ceux qui vivent dans les quartiers que les touristes ne viennent pas visiter ; ceux que l’on néglige ou que l’on méprise pour un accent. Comme aussi les gens du voyage, les Irlandais et les Gitans, Mary Turner explore leur réalité.
Elle ne tombe jamais dans le piège de la photographie sociale : le misérabilisme. Après avoir gagné la confiance de ces familles habituées à se sentir indésirées, elle n’exploite pas leur détresse pour renforcer ses images. Il n’y a pas, non plus, de sentimentalisme. Ses clichés sont bruts, sans fard, fruits de la patience et d’un travail journalistique méthodique : un travail qui place l’humain au centre, sans tordre les faits, sans ajouter ses propres préjugés.
Ce n’est pas le photojournalisme le plus glamour, mais il a toute son importance. Il puise ses origines dans la photographie humaniste et dans les grandes enquêtes photographiques sociales du siècle dernier. Voir et accepter l’existence de ceux qui sont à la marge est la première étape pour leur rendre justice. En documentant cette Angleterre périphérique, Mary Turner nous rappelle qu’un pays ne se résume pas à ses cartes postales mais aussi, et surtout, à la manière dont il traite les plus faibles de ses citoyens.
Sélection

Dispossessed [Dépossédés] L'ancien village minier d'Easington Collery, dans le nord-est, a vu sa richesse décliner après la fermeture de ses mines de charbon et de ses usines. De nombreuses villes et villages n'ont bénéficié d'aucun investissement et leurs communautés ont lentement commencé à péricliter. # Easington Colliery, comté de Durham, Angleterre, Royaume-Uni

Dispossessed [Dépossédés] Des enfants observent par-dessus un mur à l'arrière des maisons de la mine de charbon de Horden, où une chaise a été incendiée dans une cour. # Easington Colliery, comté de Durham, Angleterre, Royaume-Uni, 22 août 2016

Are you going to Appleby Fair? [Allez-vous à la Foire d’Appleby ?] Les femmes et les enfants du peuple irlandais des voyageurs entourent la nouvelle mariée et son époux lors d'une danse de mariage connue traditionnellement sous le nom de valse de la mariée, où elle fait ses adieux en larmes à sa famille maternelle et accueille son nouveau mari et sa famille, lors des célébrations du double mariage de Diane et MaryAnn McCarthy. # Thurrock, comté de l’Essex, Angleterre, Royaume-Uni, novembre 2009

Dispossessed [Dépossédés] L'ancien village minier d'Easington Collery, dans le nord-est, a vu sa richesse décliner après la fermeture de ses mines de charbon et de ses usines. De nombreuses villes et villages n'ont bénéficié d'aucun investissement et leurs communautés ont lentement commencé à péricliter. # Easington Colliery, comté de Durham, Angleterre, Royaume-Uni
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JOSH EDGOOSE > SWINGING LONDON
Le pseudo de Joshua, « Josh » Edgoose sur Instagram est « Spicy Meatball » (Boulette de viande épicée). Pourquoi ? On ne sait pas. Mais c’est exactement la sensation que provoquent ses photos : tendres et piquantes à la fois. Vidéaste avec un fort intérêt pour la couleur, la coïncidence et la sérendipité (ce sont ses mots), Josh Edgoose fait ces photos qu’on aurait aimé savoir-faire. Sous son œil, le quotidien, le banal, le commun prennent vie.
Et des couleurs, il y en a. Voir la capitale de l’Angleterre sous son regard, c’est comme découvrir le Kodachrome après des décennies de pellicules noir et blanc. Une main sur une barre de métro, des pieds qui descendent un escalier, un geste, un sourire, un reflet dans une vitre, une rencontre improbable… Sous son regard avide de ces détails que le profane ne voit pas, il met en scène la diversité et l’excentricité d’un Londres qu’on redécouvre, capturant l’énergie de la vie urbaine dans une exploration teintée de vibrations constantes, de couleurs extrêmes, de beautés éphémères.
Il trouve dans la photographie de rue un moyen de capitaliser sur la richesse et les hasards qui font le miel d’une cité. Comme une abeille dans une ruche, il butine cette gigantesque boîte de Petri. Là où il n’y a que grisaille londonienne, son œil va déceler la luminosité d’un parapluie, d’un ongle verni, d’une paire de lunettes ou tout simplement un angle d’où surgira une composition évocatrice et étonnante.
Très suivi sur les réseaux sociaux, et notamment sur YouTube où sa chaîne dédiée à la photographie de rue compte des dizaines de milliers d’abonnés, Josh Edgoose rappelle que la photo, ce n’est pas que l’instant « T ». C’est aussi une manière de voir, de percevoir, de manier, de traiter et de penser le réel qui est devant nous, puis d’y transmettre une intention. Dans le cas de Josh Edgoose, celle-ci est joyeuse, rafraîchissante, inattendue et profondément bienveillante. Dans un esprit et un humour si britannique !
Sélection

London Street Photographs [Photos de rue à Londres] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, années 2020

London Street Photographs [Photos de rue à Londres] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, années 2020

London Street Photographs [Photos de rue à Londres] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, années 2020

London Street Photographs [Photos de rue à Londres] # Londres, Angleterre, Royaume-Uni, années 2020
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